Exactement dans la même lignée que mon article précédent, et discuté juste après lors du même conseil municipal : l'établissement du service minimum lors des jours de grève dans les écoles de la commune.

Et oui, se sont les communes qui gèrent les écoles primaires et maternelles (les Conseils Généraux, cad les départements gèrent les collèges, je crois que les Régions gèrent les lycées, et c'est l'état qui doit gérer les facs ...).

Sur décision du gouvernement, c'est donc aux communes de s'arranger pour mettre en place le service minimum lors des grèves des enseignants, afin que notre président puisse ensuite annoncer fièrement "maintenant en France, quand il y a une grève, plus personne ne s'en apperçoit".

Bon, dans la pratique, c'est un peu amusant : qui va garder les gamins quand les professeurs font la grève (comme jeudi) ? Le personel communal ? C'est à dire ceux qui d'habitude entretiennent les trotoirs et les massifs de la commune ? J'imagine une ville comme Paris, avec disons 20 000 enseignants ... pour jeudi, Delanoë doit donc trouver au pied levé 20 000 personnes pour remplacer les grévistes ...

Pour ce qui est de la procédure, la commune peut demander des volontaires pour effectuer ce travail ... on atteint là le summum de la "précaritude" : qui voudrait d'un boulot pour lequel il ne travaillerait que 4 ou 5 jours par an, prévenu une semaine à l'avance ? Qui peut s'engager pour cela ?

Bon, bien sur, coté Mairie, c'est un peu de boulot en plus, organiser tout ça, faire un appel aux volontaires, envoyer la liste à la préfecture histoire qu'elle vérifie quand même qu'un ou deux pédophiles ne s'y trouve pas, ...

Et après ?

Oui, je ne doute pas que ça soit utile ce service minimum. Notamment pour les mamans, qui doivent toujours sans cela, trouver un moyen de garder les mômes, (ça participe directement au fait qu'il est plus difficile pour une mère de trouver du boulot, ... et donc que le boulot sera moins bien payé) ...

... mais dans un contexte où l'état semble avoir pour objectif plus ou moins avoué la suppression de l'école maternelle, on peut voir dans ce service minimum un excellent moyen de préparer le terrain. Finallement, la préparation aux jours de grèves n'aura été qu'une préparation à la prochaine étape : transformer l'école maternelle en garderie (Darcos, notre bon ministre de l'éducation, nous a bien expliqué qu'il ne comprenait pas pourquoi des enseignantes diplomées étaient nécessaires pour faire la garderie et changer les couches en école maternelle).