Depuis mon dernier post, la crise financière a pris une belle ampleur. Fredie et Fanny se sont bel et bien fait nationaliser, Lehman Brothers a coulé (sans se faire racheter par le gouvernement cette fois ci), Merryl Lynch s'est faite racheter par Bank Of America, les deux grosses banques d'affaire de Wall Street encore en vie sont devenues des holdings. Et voici Washington Mutual qui sombre (la 6eme banque de dépot des US).

Pendant ce temps, la Fed fait tout ce qu'elle peut pour maintenir la finance américaine à flot, en arrosant des milliards de liquidité pour apaiser l'incendie. A tel point que la Fed elle-même se met en danger, augmente ses accords de swap avec les autres banque centrales de la planète pour une valeur totale de 250 Mds de $ (120 Mds rien qu'avec la BCE) et que le Trésor américain émet 50 Mds de bons du trésor pour la renflouer.

Il y a des moments où l'on se demande si la Fed ne sera pas bientôt en faillite

Pendant ce temps, la seule question qui devrait nous habiter nous les européens, c'est quelle est l'exposition de nos banques à la crise américaine ?

La BNP a avoué avoir directement perdu 500 M de $ rien que pour la faillite de Lehman Brothers. Natixis n'a pas voulu communiquer de chiffre. Les banques Belges étaient parait-il très exposées. Le jeux de dominos va-t-il traverser l'Atlantique ? Ou bien la crise financière va-t-elle s'arrêter à la frontière comme le nuage de Tchernobyl ?

A priori, on pourrait voir cette semaine les premiers dominos européens tomber. Ainsi, le BeNeLux nationalise Fortis, et la banque franco-belge Dexia semble aussi en difficulté.

En attendant les prochaines nouvelles, vous pouvez aller lire Crise financière : l'Europe frappée à son tour de plein fouet ...

 

PS 1 : comme c'est amusant de voir tous les anciens apôtres du libéralisme, tous ceux qui se scandalisaient de l'interventionnisme de l'état, clamant que le marcher était bien capable de se réguler seul, que l'état faussait la concurrence ... tout ceux qui n'ont eu que le mot de dérégulation à la bouche depuis des décennies, demander maintenant l'aide de l'état, plus de régulation etc ...

D'Alain Minc à Georges Bush, tous contraints d'admettre que sans les états, c'est à dire sans l'impôt, toute la sphère financière serait déjà vaporisée.

PS 2 : le plus stupéfiant, c'est de voir tous ces dirigeants aux salaires astronomiques complètement dépassés par leur jouet : pas un seul est capable de prédire ce que ça va donner, ils sont tous totalement dépassés.