Dominique Strauss-Kahn, à la tête du FMI, balancé là par Nicolas Sarkozy.

On atteint là un sommet d'ironie, ou de cynisme ... difficile à dire.

Directeur du FMI, ce n'est pas sous-préfet de l'île-et-Vilaine. Outre le copieux salaire approchant les 500 000 USD / an (oui, le dollar est au plus bas, mais quand même), le Fond Monétaire International  fait quand même la pluie et le beau temps sur plusieurs dizaines de pays.

On pourrait penser que Sarko, ayant les moyens de proposer quelqu'un à ce poste primordial dans l'économie du monde, y ait fichu l'un de ses copains, ou au moins, un mec défendant ses idées. L'archétype d'un gars bien libéral comme Madelin m'aurait moins surpris qu'un membre du Parti Socialiste. Comment justifier politiquement que le chef du camp de la droite, propulse quelqu'un du camp d'en face, à une place où il aura assez d'influence pour propager des idées abominables comme "l'état c'est pas si mal", "les services publics, c'est un bon truc",  "la protection sociale, ça vaut le coup", etc ... pourquoi donner autant de pouvoir à l'ennemi ?

Dans la mesure où DSK semble être le seul à recomposer le Parti Socialiste, dans la mesure où Ségolène à toutes les chances de rater une seconde fois si elle y retourne, dans la mesure où Fabius n'a aucune chance, et puisque le mandat de directeur du FMI dure 5 ans (DSK a déjà affirmé que, contrairement à ses deux prédécesseurs qui ont démissionné au bout de 3 ans, il irait au bout de son mandat) ... on pourrait imaginer un coup de maitre : "je te fiche là, car comme tu es le seul capable de me battre en 2012, c'est le meilleur moyen que j'ai trouvé pour te mettre hors jeu".

Ca me paraitrait hallucinant ...

Et / ou alors, Sarkozy continue son travail de matador de la politique. Son travail de sape idéologique qui constitue à dire grosso-modo "la droite, la gauche, c'est pareil, c'est dépassé, c'est un vieux clivage, ce qui compte, c'est la compétence, l'efficacité et le réalisme, le travail, la famille et Guy Moquet, toutes ces valeurs qui ne sont ni de gauche, ni de droite". Sorte de brouillage idéologique, fumigène politique, stratégie connue et éprouvée de la pensée unique.

Et DSK dans tout ça ? J'ai jamais imaginé que le directeur du FMI puisse être un gars de gauche. DSK l'est-il donc vraiment ? Le FMI participe activement à la misère du tiers monde depuis des décénies. Savoir ce que DSK va y faire, sachant l'intelligence de ce gars, son excellente connaissance de la science économique, sans peut-être pour autant faire de l'économie une religion, un dogme, ... franchement je suis curieux de voir ce que ça va donner.

Allez hop, dans mon blogroll le DSK.